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Le 4ème congres mondial amazigh s'est
déroulé du 5
au 7 août 2005 à Nador (Rif – Nord ouest de Tamazgha). La session a débuté par
une chanson du célèbre chanteur rifain Allal Chellah accompagné par ses deux
filles Lydia et Mazillia. Le public a repris en chœur le refrain « nechin dha zé
rebda wa dnussi zé l’Yemen » (Nous sommes la depuis toujours, nous ne sommes pas
venu du Yémen).
L’ovation du public réservé à Allal fit espérer un très grand congrès espoir qui
fut de courte durée puisque le débat concernant le rapport moral et le rapport
financier fut houleux, débat qui se termina par l’élection du bureau provisoire
présidé par Lounes Belkacem, président sortant du CMA et qui sera accompagné par
trois autres congressistes dont une femme.
La deuxième journée est consacrée aux commissions de travails autours de sujets
tels que la résistance et la lutte des Amazighs, les relations internationales
et les droits humains ou encore le développement durable. Le démarrage de ces
commissions de travail se fit dans la cacophonie après les interventions de
plusieurs délégués d’associations qui voulaient changer le contenu des
commissions de travail.
Le congrès mondial amazigh a encore beaucoup de lacunes à combler mais avance
tout de même avec la tenue de cette session au cœur de Tamazgha, fait historique
qu’il est bon de souligner.
Deuxième journée de
travail pour le Congrès mondial amazigh
La deuxième journée du 4ème congrès mondial amazigh fut consacrée aux
commissions de travail. Ces commissions avaient pour objectif, de débattre sur
des thèmes précis repris à la fin de cet article.
Les travaux de ces commissions ont été marqués par des débats houleux qui ont
aboutit à des rapports repris en séance plénière. Les débats ont continué durant
cette séance plénière qui se termina tard dans la nuit.
Il a été notamment question de l'adoption ou non de la graphie Tifinagh par le
Congrès Mondial Amazigh. Il a été proposé également de développer la formation
des membres des associations amazighes.
Commissions de travail:
Résistances et luttes des amazighs:
Etat des violations des droits et des libertés individuels et collectifs des
amazighs, répressions, violences institutionnelles, situations coloniales,
discriminations, marginalisation politique, économique, sociale et culturelles
des amazighs dans les différents Etats, formes de résistance et luttes
pacifiques des amazighs…
Stratégie et relations internationales:
Institutions internationales de protection/promotion des droits des personnes et
des peuples, ONG des droits humains, ONG de coopération et développement,
organisations de la société civile… Comment entretenir/développer les relations
et exploiter les opportunités.
Organisation/Juridique/Finance:
Redéploiement organisationnel du CMA, modalité de mobilisation des
ressources financières internes et externes, au service de la défense/promotion
des droits Amazighs.
Terre et développement durable:
Développement durable protection de l’environnement la spoliation
des terres amazighes et ses conséquences sur le mode de vie rural, l’exode
rural, la paupérisation et la destruction des savoirs et savoir-faire
traditionnels amazighs. Quelles résistances et quelles alternatives ?
3ème et dernière
journée du 4ème congres mondiale amazigh
Les dernières commissions
de travail ont présenté leurs rapports qui ont été tous adoptés. La commission
chargée de débattre sur la question de l’environnement a attiré l’intention du
public sur le problème très sensible de l’expropriation des terres amazighes
lors de l’indépendance.
Il a de plus été proposé de développer des activités au niveau local pour
sensibiliser la population quant à la sauvegarde du patrimoine amazigh. Il a été
souligné par un délégué d’association que le patrimoine est aujourd’hui menacé
par les constructions modernes qui ne tiennent pas compte de la présence de
sites archéologiques ou d’habitations traditionnelle amazighes.
La commission stratégie et relations internationales a proposé un changement
organisationnel pour ainsi passer d’une organisation verticale à une
organisation plus horizontal. Quant à la commission « relations internationales
» il est apparu une divergence de point de vue entre les participants dont une
partie préconise de travailler avec des partenaires extérieure qui partagent les
mêmes valeurs et principes et qui connaissent ou qui ont connus les problèmes
que rencontrent aujourd’hui les imazighens (les peuples autochtones sans état),
alors qu’à contrario certains intervenants proposaient de privilégier des
relations plus stratégiques avec des institutions et Etat qui peuvent avoir un
impact réellement direct et important sur Tamazgha (aide financières,
techniques, coopérations internationales….)
Les congressistes se sont retirés pour procéder au renouvellement du conseil
fédéral et des différents bureaux du Congrès Mondial Amazigh.
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