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<< ACCEUIL >> |
ANSUF SRUN G DEMNATE BIENVENUE A DEMNATE
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Extrait du livre : " Reconnaissance au Maroc " (1883-1884), VICOMTE CHARLES DE FOUCAUD , pages 76,77 et78 Recueilli par : Brahim TAGGOUNTE
3°- Des Entifa à
Zaouiat Sidi Rahal (5 Octobre)
D épart à 5heures du matin,en compagnie d’une caravane de cinq à six
personnes ;le pays est sûr ;on est en bladel mkhzen : point d’escorte.
D’ici à Demnât, je continuerai à cheminer sur les premières pentes de
l’Atlas,en me rapprochant de plus en plus de son pied. Pendant ce
trajet,je passerai insensiblement du moyen Atlas au grand : les deux
chaînes paraissent se rejoindre à la trouée de la tassawt,ou serait
l’extrémité de la première. Ma route d’aujourd’hui se divise en deux
portions distinctes :de Jem3a Entifa à l’oued Tassawt,et de la Tassawt à
Demnât
Dans la première
partie,le pays est accidenté,le sol pierreux,quelques fois rocheux ;il est
souvent nu,par moments garni de palmiers nains et de taçououts, ou
boisé ;peu d’eau ;cependant,au flanc des coteaux,au fond des ravins ,sur
les sommets ;s’élève une foule de villages,entourés de grandes plantations
d’oliviers,avec des haies de cactus :en somme,région d’aspect triste,mais
fort habitée. A 9 heures et demie,j’arrive au bord de la Tassawt :c’est la
Tassawt n'oufella,appelée aussi Wad Akhdeur « rivière verte ».Elle est
bien nommée ;elle coule au milieu d’une végétation merveilleuse,à l’ombre
de grands oliviers, dans une vallée couverte de champs et de vergers. A
partir de la Tassawt, j’entre dans une région nouvelle :accidents de
terrains moins sensibles ;sol terreux ;foule de ruisseaux ;nombreux
villages ;à chaque instant jardins immenses,à végétation superbe, à arbres
séculaires : c’est au travers de ce beau pays que je parvient à Demnât.
J’entre dans la ville à midi et demi.
Durant toute la
journée, beaucoup de monde sur le chemin. Je n’ai point traversé d’autre
cours d’eau important que l’oued Tassawt :il avait 15 mètres de large et
50 centimètre de profondeur ;eaux claires ;courant rapide,lit de
galets ;berges de terre,pentes douces,de 1 mètre à 1,50 de hauteur.
(6 et 7
Octobre)
Séjour à Demnat.
Cette ville est le siège d’un qaid qui gouverne la province de Demnat ;
celle-ci a pour limites :au nord,les Sraghna ; à l’est les Ntifas et les
Ayt Boualli ;au sud,les pentes supérieures du grand Atlas ;à l’ouest,les
Glawa et les Zemran.
Demnat est entourée
d’une enceinte rectangulaire de murailles crénelés, garnies d’une
banquette et flanquées de tours ; le tout est en bon état, sans brèches ni
portions délabrées. Trois portes donnent entrée dans la ville. La Qasba a
son enceinte à part et est bordée de fossés,ceux-ci,les seuls que j’ai vu
au Maroc,ont 7à8 mètres de large sur 4ou5metres de profondeur et sont en
partie remplis d’eau. Au milieu de ce réduit,s’élèvent la mosquée
principale et la maison du qaid .Muraille, Qasba, mosquée, maison
Ce commerce,
florissant autrefois,a fait la richesse de la ville :il est en décadence
depuis quatre ou cinq ans. A cette époque,le sultan envoya un amin d’une
rapacité telle que le trafic ne fut plus possible :tout ce qui passait les
portes de la cité était,quelle qu’en fut la provenance,frappé d’un droit
arbitraire si élevé que bientôt les tribus voisines et les caravanes du
sud désertèrent ce marché,et se portèrent en masse sur Marrakech,ou elles
se fournissent à présent.
Demnate est entourée
de toutes parts d’admirables verges, les plus vastes du Maroc. Au milieu
d’eux sont disséminés une foule de villages se touchant presque, qui
forment comme des faubourgs de la ville. Ces jardins sont renommés au
loin ; leur fertilité, leur étendue, la saveur et l’abondance de leurs
fruits, les excellents raisins qui s’y récoltent sont légendaires.
Presque contigus aux
vergers de Demnate,s’en trouvent d’autres très célèbres,que nous avons
traversés en venant :ceux d’Ait OuAoudanous. Ils rappellent un triste
exemple de la rapacité du sultan et de la malheureuse condition de ses
sujets. Ces jardins, domaine immense et merveilleux, foret d’oliviers
séculaires et d’arbres fruitiers de tout espèce, arrosés par des ruisseaux
innombrables, appartenaient, il y a quelques années, à un homme fameux par
ses richesses et son luxe, Ben Ali ou El Mahsoub, dont la vaste demeure
s’élève encore au sommet d’un mamelon qui les domine. Cette fortune
énorme, cette ostentation, ce pouvoir,portèrent ombrage au sultan. Soit
pure cupidité,soit crainte de l’influence croissante d’un homme aussi
puissant,il le fit une nuit surprendre,saisir,emmener :on le jeta en
prison dans l’île de Mogador. En même temps, ses biens furent confisqués
et réunis à ceux de la couronne. J’appris plus tard à Mogador que le
malheureux Ben Ali,qu’on y connaissait sous le nom d’El Demnati,
avait,après plusieurs années de captivité,obtenu sa liberté au prix de
tous ses biens. Mais il n’en jouit pas .Au sortir de prison,à la porte de
Mogador. Il mourut
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