ACCUEIL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            CONTACT             

• Nous Contacter
  

 

 

                                         

 

RETOUR

 

TURDA / Opinion

 La discrimination à l'égard de tamazight… un ethnocide étatique qui continue

 

            Le débat sur les droits culturels et linguistiques n'avait fait l'objet d'aucun débat national. L'état  actuel de ces droits représente le fruit de l'idéologie unitaire adoptée par l'élite politique marocaine avant et après l'indépendance. L'Etat marocain indépendant a officialisé cette idéologie qui puise son âme dans le salafisme et le baâtisme et qui prônent en premier plan la dimension arabo-musulmane.

            La discrimination de tamazight est due à un long processus historique qui ne fait pas l'objet de notre sujet. Elle continue jusqu'à présent. Malgré les initiatives prises par l'institution royale pour la reconnaissance de la dimension amazighe en vue de son intégration sur tous les plans. Rien ne prouve qu'il existe une volonté sérieuse de se réconcilier avec notre patrimoine ancestral.

On entend par discrimination de tamazight : l'exclusion et la négation de  l'amazighité dans sa dimension linguistique, culturelle, identitaire et civilisationnelle. L'amazighité du Maroc tient sa légitimité de l'histoire, de la terre, de l'anthropologie et aussi de la sociologie. En dépit des efforts déployés par les ennemis historiques de tamazight pour l'exclusion et l'occultation du fondement essentiel de la personnalité marocaine;  notre cause connaît un  rayonnement sans précédent aussi  sur le plan national qu'international.

Nous allons traiter dans un premier point la discrimination linguistique dans un second la négation de l'identité.

1) Le début de la discrimination linguistique.

     Le Dahir colonial de 1930, appelé malicieusement berbère, est un décret royal promulgué le 16 mai.  Il comprend huit articles visant à régler " le fonctionnement de la justice dans les tribus de coutumes berbères non pourvues de mahakims pour l'application du charaâ." L'élite nationaliste citadine avait manipulé les masses en les convainquant qu'il s'agit de diviser le peuple marocain. Elle a choisi comme endroit de contestation du Dahir, la mosquée en récitant le célèbre "latif". La compagne menée par ces pseudo-résistants contre ce dahir leur a été bénéfique, car  pour la première fois, une élite issue de familles ou proches protégés par les forces coloniales va se faire l'image des protecteurs de l'unité nationale. Ils ont été soutenus dans  " ce projet" par des  écrivains et penseurs panarabistes et aussi certains  Etats et instituts islamiques en Europe. Cette opportunité politique leur a permis de créer des journaux en arabe et en français, pour mener à bien leur travail fondé sur le  mensonge et la falsification de la réalité.

En 1934, le "mouvement nationaliste" a commencé le processus de revendication des reformes, en suppliant le colonisateur, tandis qu'Imazighen continuent leurs combats. Dans le domaine de l'éducation qui nous  concerne ici; l'accent est mis sur le français et l'arabe comme deux langues d'enseignement

 qu'il soit privé ou public. Le manifeste de l'indépendance a lui aussi, mis en pleine lumière la volonté délibérée de l'élite politique ancienne, d'exclure l'amazighité dans toutes ses dimensions.

 L'Etat de l'indépendance a adopté le discours nationalistes en déclarant dans sa première constitution (1962) l'arabe comme seule langue officielle. Malgré les réformes successives, la constitution du Maroc ne faisait aucune reconnaissance de la langue amazighe. Seule cette  loi suprême  puisse garantir la pérennité et  la continuité de notre langue. Par conséquent l'officialisation de l'amazigh est une condition primordiale de la tirer et la sortir de l'état du non-droit où elle se trouve. Elle va lui donner un caractère obligatoire, ce qui lui assure l'applicabilité et l'executivité de la part des départements ministériels et des  différentes institutions marocaines. Sans officialisation ; toutes les portes des institutions marocaines resteront inaccessibles et fermées contre elle. La résistance à l'amélioration de notre langue et à son accès à l'établissement public ne fait défaut. La mentalité rancunière et hostile à tout ce qui est Amazigh est active et créative. Elle exploite les lacunes de la loi et se faufile entre les failles légales pour paralyser une intégration réelle de l'amazigh dans l'école, l'administration, la justice et les médias.

Cette discrimination systématique va se confirmer clairement avec l'élaboration de la charte de l'Éducation et de la Formation. Cette œuvre anti-nationale et provocatrice s'ajoute à l'arsenal législatif qui valorise l'arabe et les autres langues étrangères et méprise l'Amazigh. Dans cette charte, la langue amazighe est réduite à une portion congrue mise à la disposition des "Autorités éducatives" pour servir la "langue officielle" et faciliter son apprentissage. Cette discrimination étatique et institutionnelle a pour effet l'exclusion de Tamazight de tous les domaines vitaux.

1-1 Dans le domaine de la justice

Dans ce domaine: Le citoyen Amazigh souffre de la procédure judiciaire élaborée au moyen d'une langue qu'il ne comprend pas. Cette situation bizarre  donne au Maroc la spécificité d'être un pays où la communication entre les parties de l'action judiciaires et le juge est toujours absente.

 La création de l'interprète au sein des tribunaux du Royaume ne constitue pas une solution. Elle concrétise cette discrimination et rend Tamazight étrangère sur sa propre terre. Les cas à citer sont innombrables de tel  sorte qu'on a transformé des situations réelles en blagues

1-2 Le domaine de l'Éducation

La volonté sérieuse d'intégrer la langue amazighe dans le système éducatif, manque aux responsables de ce secteur sensible. La quasi-totalité des directeurs des académies régionales, des délégués, des directeurs des écoles et des instituteurs,  manifestent une indifférence et parfois un refus explicite d'appliquer les directives concernant l'enseignement de Tamazight. A titre d'exemple dans l'Académie de Tadla-Azilal, parmi une vingtaine d'écoles pilotes choisies dans la région de Demnat deux écoles ont eu l'initiative d'intégrer Tamazight au niveau de la première année à la moyenne d'un instituteur pour chacune. Résultat : 2 instituteurs parmi 60 se débrouillent pour faire apprendre aux élèves Tifinagh  dans notre localité; Quant à la deuxième et à la troisième année, jusqu'à présent, l'enseignement de Tamazight n'est assurée par aucun enseignant. D'une part les autorités éducatives concernées et  pour échapper à leurs responsabilités font recours à la charte de l'Éducation et de la Formation, et d'autre part les instituteurs s'excusent du manque de cycles de formation en cette matière alors que les dates fixées pour ces cycles sont ou bien reportées ou bien jugées inopportunes.

Les questions qu'on puisse poser aux  instituteurs monolingues: Ont-ils reçu une formation pour enseigner le Français en deuxième année (E.P) et comment se débrouillent-ils? Pourront-ils  enseigner l'Anglais, une langue qu'ils ne parlent pas, dans les années à venir? Est-ce que ces cycles de formation leur suffiront de l'enseigner?

1-3 le domaine de la communication et de l'information:

      Les moyens de communication financés par l'argent du peuple ne font pas l'exception. Les chaînes dites marocaines donnent la priorité aux productions étrangères. Les donnés statistiques révèlent la part humiliatrice consacrée à l'Amazigh qui ne dépasse 15 minutes sur 24 heures (1440 min) soit 1,04 %. Pire encore, on remarque ces derniers mois une montée du discours panarabiste dans le champs audio-visuel et dans la presse écrite. Les éditions d'information, les émissions de toute sorte utilisent encore les termes archaïques et racistes comme: Maghreb arabe,  sport arabe,  cheval arabe, cèdre arabe, musique arabe…etc.

L'appareil médiatique par une telle manière insiste et s'efforce de rattacher notre pays au monde arabe, et rendre gratuitement les exploits des marocains aux arabes. Mais si la Haute Autorité du pays a déclaré que le Maroc appartient à la "nation arabe" que dire de ces petits fonctionnaires. Ces chaînes financent les productions étrangères (égyptiennes, tunisiennes, syriennes, libanaises…), et s'abstiennent de coproduire avec Imazighen et de produire aux populations Amazighes qui paient  toute sorte d'impôts; et même s'il leur arrive d'accepter, elles insistent sur l'usage de la "darija" ou l'arabe classique.

Selon certains artistes marocains, le centre cinématographique marocain refuse avec arrogance tout appui financier aux cinéastes Amazighs, sous la même condition, à savoir l'usage d'autres langues sauf  Tamazight.

 2) La négation de l'identité essentielle de la personnalité marocaine:

    Comme il est signalé avant, le dahir de 1930 a permis à l'élite panarabiste de construire un discours unitaire / orientaliste  en bafouant et en mettant à l'écart toute référence à l'Amazigh. L'Etat marocain indépendant a embrassé cette idéologie destructive et négatrice de la réalité historique et sociologique de notre pays. Le nouveau régime avec l'arrivée de Mohamed VI au pouvoir, va inaugurer une reconnaissance officielle de l'Amazighité. Dans certains discours le nouveau monarque a fait référence à la dimension Amazighe comme fondement de l'identité marocaine. Mais dans son discours du 06 octobre 2005, le roi a déclaré que le Maroc est un pays arabe. Le parlement marocain, lui aussi, avec ses deux chambres ne cesse d'insister sur l'appartenance du Maroc à ladite nation "arabe"

Les institutions de l'Etat continuent de provoquer et de blesser la dignité des Imazighen.

L'école marocaine est devenue un enjeu pour métamorphoser et défigurer la dimension Amazighe. Les programmes adressés aux élèves marocains véhiculent des idéologies pour occulter la vraie personnalité Amazighe: La falsification de l'Histoire, l'imposition de l'idéologie panarabiste et intégriste ( voir affaire Tidaf). A titre d'exemple,  dans le manuel de l'élève 1ere A.E.P "Almufid fi llugha laârabya" on a  recensé 81

prénoms des personnages qui, aux termes du ministère de l'intérieur, ne sont pas marocains ( importés de l'Orient: Oumayma, hazim, bassam, Bouthayna, Rita…) avec une absence totale des noms Amazighs. En contradiction flagrante avec cette politique d'imposer une culture étrangère et une identité empruntée, les autorités continuent arbitrairement  d'interdire les prénoms et les noms Amazighs dans certaines régions et les acceptent dans d'autres: Yuba à Elhouceïma, Idir à casa, Yugerten à Valladolid consulat de Burgos / Espagne…

Cette institution d'éducation et d'enseignement est aussi un lieu pour offenser Imazighen, certains professeurs  ignorants et aliénés insultent les élèves en tenant des propos racistes et irresponsables à leur égard (Exemple : Demnat, Tighedwin dans la préfecture d'Alhouz…). Ce genre d'enseignants et de cadres ne sont pour nous  que des victimes du système éducatif marocain qui pratique un lavage de cerveaux.

Comment juge-t-on donc l'acte émanant du directeur de la cité universitaire de Casablanca à l'égard des étudiants universitaires amazighs? Ce lavage ou cette dénaturation n' épargne même la mémoire des lieux.  la politique de l'arabisation de la toponymie et de l'environnement continue et  sans honte. Les régions qui ont résisté à ce massacre contre leurs toponymie font l'objet et seront le but et la cible de ces forces du mal:  exemples: Mahaser devenu Maêaser, Imi n laânsert devenue foum alânser, Aït Aâyad devenu Beni Ayat, aït toujours transformé en Beni ou Oulad...  

Dans ces situations et conditions tragiques issues d'une âme tyrannique et autoritaire, des populations Amazighes sont forcées de quitter leurs milieux qui représentent une mémoire collective pour elles, surtout à cause de la politique de construction des barrages dont ces régions ne bénéficient même pas en matière de l'eau potable et d'électricité sans pour autant parler des eaux  destinées à l'irrigation.

IL est légitime de se demander, pour conclure, sur le rôle de l'Instance d'Équité et de Réconciliation et des associations des droits de l'homme dans tout ça. La dénaturation de l'identité et la politique du linguicide ne constituent t-elles pas des atteintes à notre droit d'exister en tant que peuple autochtone !?e

 

  

                      Article de :

             Hafid BENMARZOUQ &  Lahoucin MBARKI  

       le  10/01/2956 = 23/01/2006 

RETOUR  |  Afella  /  Haut  |

 


 

 

 

 


 

 

©Copyright: ANARUZ - BP 200 DEMNAT 22300 Maroc -- 2955 / 2005