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Parce qu’elle a une
certaine autonomie par rapport à la société, l’école doit être un agent de
changement, en agissant pour se démocratiser et démocratiser la société.
Si
elle se doit de contribuer à la construction d’une société moderne et
démocratique, on comprend dès lors les défis posés à l’école face aux enjeux
que représente la participation dans le processus démocratique.
Un tel
projet impose que l’école occupe une place centrale dans le processus de
formation du futur citoyen. Le souhait de voir celle-ci contribuer à
l’avènement d’une société démocratique, doit se transformer en une volonté
clairement exprimée pour avoir des chances de se concrétiser.
L’école a deux missions : instruire et éduquer.
L’école doit viser le développement intégral de l’enfant et servir de levier
à l’émergence d’une société démocratique. Éduquer devient alors, apprendre à
vivre ensemble dans le respect des règles sociales communes.
Dans
nos sociétés multiculturelles, la socialisation invite à parler également
d’éducation interculturelle. Une telle éducation vise à développer des
attitudes et des comportements respectueux de la différence, dans un esprit
d’ouverture et de partage. À une époque où l’on observe partout dans le
monde une montée du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance, il est
plus que jamais urgent de former des esprits capables de comprendre que la
diversité apporte la richesse.
C’est
sur ce fond de crise et d’urgence que se développe aujourd’hui une volonté
de plus en plus affirmée de faire de l’école un instrument de la démocratie
et l’Institut royal de la culture amazighe par le biais de l’intégration de
la langue et de la culture amazighes dans l’enseignement, y contribue
largement.
À
partir de méthodes et de contenus axés sur des problèmes concrets de la vie
quotidienne, l’enseignement doit être en mesure d’apporter aux élèves les
connaissances qui lui permettront de comprendre les problèmes majeurs de
l’humanité en développant leur esprit critique.
Contribuer à la construction d’une société moderne et démocratique c’est
s’interroger sur les valeurs tel que le respect, la tolérance, la
solidarité… Seules les valeurs universelles peuvent être partagées. Elles
sont positives, elles traversent le temps et l’espace. Elles sont devenues,
en raison même de la mondialisation, le patrimoine de toute l’humanité. Ces
valeurs universelles, idéologiquement neutre, libres de toute couleur
confessionnelle, constituent en soi une nouvelle identité. .
L’éducateur est peut-être le relais le plus fiable pour assurer la diffusion
et la continuité des valeurs qui invitent les jeunes à progresser dans un
esprit de découverte mutuelle et de solidarité.
Un de
ses premiers rôles est de favoriser la pratique de la citoyenneté dans le
respect des droits de l’homme, de la démocratie, de la tolérance, de la paix
et de la non-violence. Ces valeurs sont reconnues comme essentielles à la
promotion de la qualité de l’éducation
L’examen du contenu des manuels scolaires en général, conduit à un constat
affligeant : loin de contribuer à l’édification d’une société juste et
tolérante, ces manuels scolaires instillent la haine de l’autre et font
appel à la violence et aux idées obscurantistes qui vont à l’encontre des
valeurs humaines. L’apprentissage des langues, notamment, doit s’inscrire
dans une optique d’ouverture sur " l’autre ", dans un esprit de
compréhension, de tolérance et de dialogue.
L’élaboration du matériel pédagogique et didactique, reste une des
principales fonctions du Centre de recherche didactique et de recherche
pédagogique (CRDPP) à l’Institut royal de la culture amazighe. Des manuels
scolaires, des histoires pour enfants, des bandes dessinées véhiculant des
valeurs universelles telle que la tolérance, la solidarité et le respect de
l’Autre y sont élaborés par les chercheurs de ce centre.
Il
faut rappeler que la révision des programmes scolaires dans le sens des
droits de l’homme est un projet national et les productions de l’Ircam
s’inscrivent parfaitement dans cette optique.
Pour
donner à nos enfants les moyens de comprendre plus tard les problèmes qui se
posent dans la société, une réflexion s’impose quant au type de message à
transmettre en fonction de l’âge du public scolaire et surtout comment ce
savoir peut-être approprié par les apprenants.
De ce
fait, les productions scolaires et parascolaires de l’Ircam portent, en
priorité, sur la consécration des valeurs de tolérance, l’élimination de
toutes les formes de fanatisme et de discrimination fondés sur la croyance,
l’interdiction de toute discrimination ayant pour motif le sexe, le travail,
la fonction l’appartenance ethnique ou la religion, ainsi que des
productions pleines de sagesse et de tolérance tirées du patrimoine culturel
amazigh tels que les contes, les proverbes ou les poésies.
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